21-37. Déterminants et pronoms possessifs (2023)

Les déterminants pos­ses­sifs

Des for­mes variant selon le possesseur et l’objet possédé

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs cor­res­pon­dent aux suffixes pos­ses­sifs du fin­nois ( mat­kani = mon voyage). En français, la for­me des dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs varie aus­si d’après le nom­bre d’« objets » possédés, alors qu’en fin­nois le nombre est effacé dans de nom­breux cas : matkamme = meidän matka ou meidän matkat. Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs ont une for­me dif­fé­ren­te pour chaque per­son­ne (per­son­ne 1 à 6) et ils s’ac­cor­dent en gen­re (au sin­gu­lier) et en nombre :

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs
sin­gu­lierpluriel
mas­cu­linfé­mi­ninmasc./fém.
devant
consonne
devant voyelle

mes
tes
ses

possesseur sin­gu­liermonmamon
tontaton
sonsason
possesseur plurielnotre
votre
leur
nos
vos
leurs

Au fé­mi­nin, devant voyelle, on uti­li­se les mê­mes for­mes qu’au mas­cu­lin, mais de­vant h disjonctif, le fé­mi­nin sin­gu­lier ne change pas (tous les mots sui­vants sont fé­mi­nins, les h disjonctifs sont indiqués en rouge) :

mon habileté – sa hardiesse – sa hiérarchie – ton haleine – ta hanche – sa huppe – son hémo­philie – ma hauteur – sa harpe – son heure – sa hantise – sa haine –son hésita­tion – son har­mo­nie – ta harangue

Forme du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif quand le possesseur est on

Le pro­nom on peut cor­res­pon­dre à deux types de ré­fé­rents :

a. un ré­fé­rent imper­son­nel de per­son­ne 3 (« quelqu’un »). Dans ce cas, le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif qui ren­voie au possesseur est son sa ses. On uti­li­se aus­si les for­mes de per­son­ne 3 quand le possesseur est un au­tre pro­nom imper­son­nel ou in­dé­fi­ni :

Quand on veut payer moins cher, on a intérêt à réserver son billet très tôt à l’a­van­ce. Il ne faut jamais trop se presser, il faudrait tou­jours prendre son temps. Quel­qu’un a oublié son portefeuille sur le banc.  

b. dans le fran­çais parlé, on peut être la for­me du pro­nom de personne 4 nous  ; dans ce cas le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif est notre/nos :

On vient avec vous en excursion, on emportera notre tente.  On fera le voyage par petites étapes, on va prendre notre temps.

L’ex­em­ple sui­vant combine les deux types de pronom on :

On [=nous] a oublié d’emporter nos sandales de plage, voilà ce que c’est quand on [= quelqu’un en général] fait ses valises au dernier moment.

Emploi des déterminants pos­ses­sifs

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs s’uti­li­sent dans les mê­mes cas et les mê­mes conditions que les suffixespos­sessifs du fin­nois :

L’an prochain, j’irai en France avec mon mari et mes enfants. Nous irons voir nos amis et habiterons dans notre maison de vacances. Toute la soirée, Jean nous a parlé de ses vacances et de son voyage en Chine. Marie-Louise et Jeanine ont parlé de leur séjour à Istanbul et de leurs aventures. Elle est par­tie avec son amie. Ton histoire est intéressante. Je voulais couper du bois, mais je ne trou­ve plus ma hache. Il a oublié son parapluie dans le bus.

Il y a ce­pen­dant cer­tai­nes dif­fé­ren­ces entre le fin­nois et le fran­çais, qui con­cer­nent le nom­bre de « pos­ses­seurs ».

Formes plurielles du dé­ter­mi­nant en fran­çais

En fin­nois, la for­me du suffixe pos­ses­sif varie en fonc­tion de la per­son­ne (je tu nous…) mais pas en fonc­tion du nombre de pos­ses­seurs comme en fran­çais. Un mot comme lap­sem­me peut signifier « notre en­fant » ou « nos enfants ». Pour cette raison, les fin­no­pho­nes ont sou­vent ten­dan­ce à ou­blier d’uti­li­ser le « vrai » pluriel, au­tre­ment dit le mot lapsemme ren­voy­ant à plu­sieurs en­fants est traduit no­tre en­fant au lieu de nos enfants, parce que le pluriel (du nom­bre de pos­ses­seurs) contenu dans notre est en quel­que sorte perçu comme suf­fi­sant. Il faut donc faire atten­tion à uti­li­ser, le cas échéant, la for­me in­di­quant à la fois le pluriel du pos­ses­seur et le pluriel de l’objet possédé :

lapsemme = notre enfant / nos enfants ystävänne = votre ami / vos amis

Ce pro­blè­me est par­ti­cu­lièrement fré­quen­t dans le cas de la per­son­ne 3/6. En fin­nois, il y a seu­le­ment deux for­mes de pos­ses­sif dif­fé­ren­tes, alors qu’en fran­çais il y en a quatre :

possesseur sin­gu­lier (par ex­em­ple mère) :
Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi tyttärestään.
Elle m’a parlé de ses filles. Hän kertoi tyttäristään.

possesseur pluriel (par ex­em­ple parents) :
Ils m’ont parlé de leur fille. He kertoivat tyttärestään.
Ils m’ont parlé de leurs filles. He kertoivat tyttäristään.

On peut uti­li­ser ses avec un su­jet dé­si­gnant un possesseur pluriel, mais, dans ce cas, le dé­ter­mi­nant ren­voie à un pos­ses­seur dif­fé­rent. Utiliser la for­me erronée ren­voy­ant à un pos­ses­seur sin­gu­lier n’est pas à proprement parler agram­ma­ti­cal, mais le fran­co­pho­ne comprend au­tre chose que ce que le fin­no­pho­ne croit ex­pri­mer (c’est valable aus­si dans le cas de notre enfant / nos enfants) :

Elles m’ont parlé de ses filles. He kertoivat hänen tyttäristään. [donc des filles d’une au­tre per­son­ne qu’Elles].

En fin­nois, à la per­son­ne 3/6, si le possesseur est dif­fé­rent du su­jet de la phra­se, il est in­di­qué par un pro­nom au génitif. En fran­çais, on ne précise pas cette dif­fé­ren­ce, et la phra­se sui­vante peut avoir deux significations :

Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi tyttärestään. [de sa propre fille]
Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi hänen tyttärestään. [la fille de quelqu’un d’au­tre]

Objet possédé unique vs multiple

Quand il y a plu­sieurs pos­ses­seurs, qui « possèdent » chacun un seul objet, on uti­li­se en fran­çais les for­mes du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif ren­voy­ant à un possesseur pluriel notre votre leur (des for­mes au sin­gu­lier qui s’ac­cor­dent avec l’objet possédé sin­gu­lier). Comme le nom­bre d’objets possédés n’est pas mar­qué par le suffixe pos­ses­sif en fin­nois, il règne une in­cer­titude quant à la for­me à uti­li­ser, surtout à la per­son­ne 3/6. Comme il y a plu­sieurs pos­ses­seurs, les fin­no­pho­nes déduisent qu’il y a (au to­tal) plu­sieurs objets possédés et uti­li­sent les for­mes plurielles nos vos leurs. Dans ce cas, contrairement au fin­nois, le fran­çais permet de mar­quer pré­ci­sé­ment le nom­bre d’objets possédés par pos­sesseur, et le dé­ter­mi­nant s’ac­cor­de au sin­gu­lier. Com­pa­rer :

Avec l’été qui arrive, les véliplanchistes vont ressortir leur planche à voile. Nyt kun kesä tulee, surffailijat ottavat purjelautansa esille. Avec la première neige abon­dan­te qui est prévue, les skieurs vont ressortir leurs skis.

Chaque véliplanchiste ne possède (en gé­né­ral) ou n’uti­li­se qu’une seule planche, alors que les skieurs sont obligés d’uti­li­ser au moins deux skis. Ainsi on écrit leur planche à voile au sin­gu­lier, et non pas leurs planches à voile comme les fin­no­pho­nes sont tentés de le faire. Au total (arith­mé­tiquement), cela représente ef­fec­ti­ve­ment plu­sieurs planches à voile (plu­sieurs véliplanchistes= plu­sieurs pos­ses­seurs = plu­sieurs plan­ches), cela peut donc pa­rai­tre illogique.

Sens et em­plois divers du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif peut prendre une nuance affective ou (à la per­son­ne 3) ironique :

Arrête avec tes histoires ! Lopeta nyt höpötykset!. Tu m’embêtes, avec ta voiture ! En jaksa enää kuunnella sinun autojuttujasi. Alors, on fait sa crise ? Joko taas aloitat? Eh bien, on veut pas faire ses devoirs ? Eikö sitä haluta tehdä läksyjä?

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif peut aus­si in­di­quer une manie ( piintynyt tapa), une ac­ti­vi­té typique ou fré­quen­te :

Maman est de nouveau devant sa machine à coudre. Äiti se on taas ompelukoneensa ääressä. Il m’énerve, avec son golf !

On uti­li­se sou­vent le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif dans des ex­pres­sions où en fin­nois on n’ex­pri­me pas le pos­ses­sif :

faire ses bagages pakata [laukkunsa] faire sa toilette peseytyä faire ses adieux hy­västellä faire ses devoirs tehdä läksyt faire son marché käydä torilla [ruo­ka­os­tok­sil­la] faire son service olla armeijassa passer son bac suorittaa yliop­pi­las­tut­kin­to passer son permis käydä autokoulua prendre son élan ottaa vauhtia pren­dre son gouter syödä välipalaa pren­dre son temps tehdä kaikessa rauhassa

On peut ajouter à cette liste l’ex­pres­sion faire son droit lukea lakitiedettä, qui commence à être vieillie.

Dans l’armée (sauf dans la marine) on uti­li­se le pos­ses­sif mon pour s’adresser à un officier supérieur. Le dé­ter­mi­nant mon cor­res­pon­d dans ce cas au fin­nois herra (« monsieur ») :

Oui, mon capitaine ! Kyllä, herra kapteeni! À vos ordres, mon commandant ! Käskystä, herra majuri!

Le pos­ses­sif devant des noms dé­si­gnant une par­tie du corps

Article dé­fi­ni + pro­nom

Devant un nom dé­si­gnant une par­tie du corps en fonc­tion de com­plé­ment de ver­be direct (CVD), si la rela­tion de possession est évidente, on ne mar­que pas le pos­ses­seur, contrairement à l’usage fré­quen­t en fin­nois. Au lieu d’un dé­ter­mi­nant pos­ses­sif, on uti­li­se l’ar­ti­cle dé­fi­ni :

Il a tourné la tête. Hän käänsi päätään. J’ai mal à la tête. Päätä särkee. Il a tour­né le dos. Hän käänsi selkänsä. J’ai levé les yeux et j’ai vu qu’il neigeait. Nostin kat­set­tani ja huomasin, että sataa lunta. L’élève a levé la main. Si tu peux lever la jambe aus­si haut, tu es vraiment souple ! Il ne faut pas baisser les bras.

C’est no­tam­ment le cas quand le possesseur est in­di­qué par un pro­nom per­son­nel :

Je lui ai brossé les cheveux. Harjasin hänen hiuksensa. Je me lave les mains. Pesen käteni. N’oublie pas de te brosser les dents ! Christiane s’est cassé la jambe. Christiane katkaisi jalkansa. Il m’a pris par la main.

Si on disait Christiane a cassé sa jambe, cela signifierait qu’elle a une prothèse (ce qui est évi­dem­ment pos­si­ble) qu’elle a cassée pen­dant qu’elle la nettoyait. On peut dire ce­pen­dant Christiane s’est cassé une jambe, quand on veut insister sur la nature in­dé­fi­nie (gauche ou droite) ou le nombre (une jambe, et non pas les deux).

Remar­que  : dans le fran­çais parlé, cet em­ploi s’étend aus­si à cer­tains cas où la par­tie du corps n’est pas un com­plé­ment direct : Elle m’a marché sur le pied.

Autres cas

a.Si le nom est modifié par un ad­jec­tif (ou une construc­tion équi­va­lente), il faut uti­li­ser le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif :

Elle se brossa longtemps ses beaux cheveux bruns. Il découvrit son dos bronzé et musclé.

b.Quand le GN est su­jet d’un ver­be, on in­di­que en gé­né­ral le possesseur (puis­qu’en gé­né­ral le su­jet est au début de la phra­se, et qu’au­cun élé­ment n’est en­co­re venu in­di­quer la pos­ses­sion) :

Ses dents sont très blanches. Hänellä on hyvin valkoiset hampaat. Mon nez me fait mal. Nenääni saattuu.

L’ex­pres­sion de la possession avec d’au­tres dé­ter­mi­nants

Valeur in­dé­fi­nie ou démonstrative

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif est un dé­ter­mi­nant dé­fi­ni : ses parents = les parents qu’il a, mes amis = les amis que j’ai. Il ne peut pas se combiner avec d’au­tres dé­ter­mi­nants. Si, en mê­me temps que la possession, on veut ex­pri­mer une quantité in­dé­fi­nie ou une valeur dé­mons­tra­tive (fin­nois se kirjasi), les moy­ens varient et dé­pen­dent du co­de et du style.

a.Code écrit strict. Dans le code écrit strict, on peut uti­li­ser la cons­truc­tion pro­nom de pos­ses­sif ou une phra­se re­la­ti­ve :

Il est venu avec quel­ques-uns de ses amis. C’est un de mes amis. Ce sont des gens de ma famille. Ce canot qui m’appartient est de fabrica­tion suédoise. Plu­sieurs de ses enfants sont allés s’installer en Angleterre.

b.Code écrit courant/fran­çais parlé.Couramment, on uti­li­se la construc­tion dé­ter­mi­nant + nom à pro­nom : eräs ystäväniun ami à moi :

J’ai vu des amis à lui. C’est un ami à moi. Ce sont des parents à moi. Ce canot à moi est de fabrica­tion suédoise. Il est venu avec quel­ques amis à lui. On est allés en Islande avec des amis à nous.

Cette for­me est gé­né­ra­le­ment pré­sen­tée comme fa­mi­liè­re dans les gram­mai­res, mais le degré de fa­mi­lia­ri­té est vraiment très faible. Il est net­te­ment plus cou­rant de dire Ce sont des parents à moi que de trouver une for­me de remplacement telle que ce sont des gens de ma famille. Dans le code écrit strict, on uti­li­sera ce­pen­dant de préférence les for­mes pro­po­sées plus haut.

Remar­que : utilisée simultanément avec le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif, cette construc­tion  à + pro­nom person­nel peut aus­si servir à focaliser le pos­ses­seur :

C’est ma tasse à moi. Minun kuppini se on! Ces histoires sont ses pro­blè­mes à lui, elles ne me concernent pas. Tu devrais d’abord penser à tes enfants à toi, au lieu de t’occuper de ceux des au­tres.

c.&nbspStyle littéraire : si le nom dé­ter­mi­né est au sin­gu­lier, on peut uti­li­ser l’ad­jec­tif pos­ses­sif mien ou sien :

Il est venu avec un sien ami. Je suis parti avec un mien cousin.

L'adjectif possessif mien, tien, sien: emploi limité

Les mots mien et sien sont de véritables ad­jec­tifs pos­ses­sifs. Dans cet em­ploi, ils sont vieillis ou littéraires et il est préférable de ne pas les uti­li­ser. L’ad­jec­tif pos­ses­sif est ce­pen­dant utilisé dans la langue moderne cou­rante pour for­mer les pro­noms pos­ses­sifs le mien, le tien etc.

On peut aus­si uti­li­ser l’adjectif tien (un tien cousin), mais quand on tutoie les gens, on uti­li­se ha­bi­tu­el­le­ment le code du fran­çais parlé et on dira plutôt j’ai rencontré un cousin à toi. L’ad­jec­tif pos­ses­sif est quasiment inusité au plu­riel, et en fran­çais mo­der­ne, on dira ainsi dif­fi­ci­lement ?Nous sommes partis avec un nôtre ami ou ?Je vous ai vu avec ce vôtre cousin. On l’uti­li­se aus­si assez rarement avec un nom au fé­mi­nin : Elle m’a parlé d’une sienne cousine.

Mes parents et des parents

En fran­çais, le mot parent dé­si­gne à la fois l’un des deux parents dans le sens de « vanhemmat » (mère/père), et au sens plus large, une per­son­ne quelconque de la pa­renté (oncle, tante, cousin etc.), en fin­nois sukulainen. En fran­çais, on uti­li­se un seul et mê­me mot là où d’au­tres langues en uti­li­sent deux dif­fé­rents, comme en finnois, ou en italien genitori vs parenti, espagnol padres vs parientes, anglais pa­rents vs re­la­ti­ves etc.).

Ce qui est éga­le­ment embarrassant pour les ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re, c’est qu’au pluriel, le grou­pe no­mi­nal avec ar­ticle dé­fi­ni les parents dé­si­gne tou­jours les père et mère d’une per­son­ne, puis­qu’il s’agit de parents « dé­fi­nis » im­pli­ci­te­ment. Le sens à don­ner au mot parent dépend le plus sou­vent du dé­ter­mi­nant utilisé.

a.Parents avec un dé­ter­mi­nant dé­fi­ni dé­si­gne gé­né­ra­le­ment les père et la mère (dans tou­tes les configurations de genres pos­si­bles), en fin­nois vanhemmat :

Il s’entend bien avec ses parents. Hän tulee hyvin toimeen vanhempiensa kanssa.
J’ai rencontré les parents de Clémentine. Tapasin Clémentinen vanhemmat.

b.Parents avec un dé­ter­mi­nant in­dé­fi­ni dé­si­gne les gens de la parenté, en fin­nois sukulaiset. Si on veut mar­quer le possesseur, il faut uti­li­ser la cons­truc­tion à+pro­nom per­son­nel :

Au mariage, on n’avait invité que des parents. Häihin kutsuttiin vain sukulaisia.
Nous sommes en vacances chez des parents à nous. Olemme lomalla sukulaistemme luona.

Il faut donc éviter de présenter par ex­em­ple des cousins en disant « Ce sont mes parents ». Ne pas tra­dui­re non plus le mot sukulaiset par le faux-ami inspiré de l’an­glais re­la­ti­ves : en fran­çais « les re­la­ti­ves » signifie uni­que­ment « les propositions re­la­tives » (relatiivilauseet).

c.Cette alternance n’est pas automatique : mê­me avec un dé­ter­mi­nant non dé­fi­ni, le mot pa­rent peut dé­si­gner des parents dans le sens de père ou mère :

un parent isolé yksinhuoltaja À la réunion, le professeur a rencontré des parents in­quiets de l’avenir de l’école. Un proviseur-adjoint vararehtori agressé par un parent [titre dans un journal]

Il s’agit donc, com­me tou­jours dans le cas de l’ar­ti­cle, d’interpréter le sens du GN en fonc­tion du con­tex­te. Les fin­no­pho­nes peuvent ce­pen­dant retenir la règle de base sui­vante (en sachant qu’elle ne couvre pas tous les cas d’em­ploi) :

He ovat vanhempani. = Ce sont mes parents.
He ovat sukulaisiani. = Ce sont des parents à moi/Ce sont des gens de ma famille.

Les pronoms pos­ses­sifs

Les pro­noms pos­ses­sifs sont com­po­sés de l’ar­ti­cle dé­fi­ni et de l’ad­jec­tif pos­ses­sif mien, tien etc., qui ne s’emploie plus au­trement dans la langue moderne, sauf dans le style litté­raire un peu archaïsant. L’ar­ti­cle dé­fi­ni et l’ad­jec­tif qui composent le pro­nom pos­ses­sif s’ac­cor­dent en gen­re et en nom­bre.

Les pro­noms pos­ses­sifs
sin­gu­lierpluriel
mas­cu­linfé­mi­ninmas­cu­linfé­mi­nin
possesseur sin­gu­lierle mienla mienneles miensles miennes
le tienla tienneles tiensles tiennes
le sienla sienneles siensles siennes
possesseur plurielle nôtrela nôtreles nôtres
le vôtrela vôtreles vôtres
le leurla leurles leurs

L’ar­ti­cle dé­fi­ni qui est un élé­ment du pro­nom pos­ses­sif se contracte avec à ou de :

François a rapporté mon livre, mais il n’a pas pensé au tien. J’ai nettoyé l’écran de ton ordinateur, mais pas en­co­re celui du mien. Mes enfants ont beau­coup aimé ce jeu, je l’offrirai aux vôtres pour Noël.

Confusion à éviter

Certaines for­mes du dé­ter­mi­nant et du pro­nom pos­ses­sif se ressemblent de façon trompeuse. Il ne faut pas les confondre :

a) notre et votre sans ar­ti­cle et sans accent circonflexe sur l’o sont des dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs ;

b) le nôtre et le vôtre, tou­jours avec un ar­ti­cle et un accent circonflexe sur l’o, sont des pro­noms pos­ses­sifs :

Notre voiture est en réparation. Pourrions-nous prendre la vôtre ?

La pro­non­cia­tion est dif­fé­ren­te éga­le­ment :

a) dé­ter­mi­nant pos­ses­sif notre ~ votre = o ouvert /nɔtʁ~vɔtʁ/
b) pro­nom pos­ses­sif le nôtre ~ le vôtre = o fermé /lɶnotʁ~lɶvotʁ/

Emploi des pronoms pos­ses­sifs

Syntaxiquement, le pro­nom pos­ses­sif se substitue à un grou­pe no­mi­nal contenant un dé­ter­mi­nant pos­ses­sif et un nom :

J’ai apporté mon portable. → J’ai apporté le mien.

En fin­nois, on uti­li­se dans ce cas le genetiivi du pro­nom per­son­nel, ou par exem­ple oma :

Notre maison est plus petite que la leur. Meidän talon on pienempi kuin heidän. J’ai pris mes skis, mais j’ai oublié les tiens. Otin omat sukset mukaan, mutta unohdin si­nun.  Ces gants sont à toi. Sur les miens, il y a des initiales. Nämä lapaset ovat si­nun. Minun omissani on nimikirjaimet.  Je n’ai pas de parapluie, tu peux me prêter le tien ? Minulla ei ole sateenvarjoa, voitko lainata omaasi?

On peut aus­si uti­li­ser le pro­nom pos­ses­sif pour ex­pri­mer la possession à la place de être à + pro­nom per­son­nel (voir ci-des­sous) :

À qui est ce livre ? Il est à toi ? / C’est le tien ? Quelqu’un a oublié son parapluie. — Il n’est pas à moi / Ce n’est pas le mien.

Résumé : les dif­fé­ren­tes ma­niè­res d’ex­pri­mer la possession

a. Verbe être à + quelqu’un (olla jllakulla) :

Ces rollers sont à moi. À qui est ce casque ? Il est à elle.

b. Verbe appartenir à + quelqu’un (kuulua jllek) :

Le tableau appartient à un riche collectionneur. Cette pipe a appartenu à mon grand-père.

c. Pro­nom faible celui + de + nom ( olla jonkun) :

À qui est ce bonnet ? C’est celui de Luc. Ce n’est pas ma voiture, c’est celle de mon père.

d. Dé­ter­mi­nant pos­ses­sif :

Le voisin est parti courir avec son chien. Je peux prendre ce vélo ? – Non, c’est mon vélo et je ne le prête pas !

e. Pro­nom pos­ses­sif :

C’est ta voiture qui fait ce bruit bizarre ? – Non, c’est la tienne. À qui est ce vélo ? – C’est le mien.

Exemples : À qui est ce VTT ? Kenen maastopyörä tämä on ? Ce VTT est à Agnès. Tämä maastopyörä on Agnèsin. Ce VTT appartient à Agnès. Tämä maastopyörä kuuluu Agnèsille. Ce VTT est celui d’Agnès. Tämä maastopyörä on Agnèsin. C’est son VTT. Se on hänen maastopyöränsä. Ce VTT est le sien. Tämä maastopyörä on hänen.

✋ Dans la cons­truc­­tion c’est la tienne ou ce n’est pas le mien, le pro­nom pos­ses­sif at­tri­but du su­jet remplace un grou­pe no­mi­nal : on uti­li­se donc la cons­truc­tion c’est et non pas il est. C’est pour cette raison qu’on dit :

Il est à toi. (su­jet il)
mais :
C’est le tien. (su­jet ce, *il est le tien est agram­ma­ti­cal).

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020-2022
Page 21. Les déterminants pos­ses­sifs. Dernière mise à jour : 12.8.2021
Mises à jour après le 15.8.2022

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Author: Tuan Roob DDS

Last Updated: 01/18/2023

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