La conservation des plantes sauvages menacées dans les jardins botaniques – Botanica (2022)

La conservation des plantes sauvages menacées dans les jardins botaniques – Botanica (1)

  • 10. 03. 2019
  • Beat Fischer

L’article a été publiée dans le guide BOTANICA jardins et plantes 2019.

«Les dernières de leur espèce»

En Suisse, plus d’un quart des plantes sauvages sont menacées et répertoriées dans la Liste Rouge. Les jardins botaniques cultivent ces espèces et tentent de les réintroduire dans leurs milieux naturels.

Les missions des jardins botaniques

Le monde compte actuellement quelque 1800 jardins botaniques dans 150 pays. Avec 100’000 espèces végétales, ils abritent un tiers de toutes les fougères et plantes à fleurs formant des îlots de biodiversité dans des environnements surtout citadins. En Suisse, 34 jardins botaniques et collections de plantes forment l’association Hortus Botanicus Helveticus (HBH). Ces jardins abritent une collection vivante d’espèces végétales indigènes et exotiques. Leurs tâches principales:

  • la culture et la présentation de la diversité végétale
  • l’étude du monde végétal
  • la communication à la société de l’importance de la diversité biologique
  • la formation des adultes et des enfants
  • l’enseignement et l’initiation à la botanique, l’écologie, l’évolution, la bionique, la biochimie, la pharmacie, la médecine, la médecine vétérinaire, etc.
  • la formation d’horticulteur/trice spécialiste des collections scientifiques
  • la rencontre entre la recherche et le public, utilisant l’attrait des fleurs comme moyen de communication
  • la protection et la sauvegarde des espèces végétales rares par des cultures de conservation des espèces menacées et l’échange international de semences
  • le partenariat pour les organismes de protection de la nature
  • l’expérience de la nature et lieux de paix

La diversité des espèces en chiffres

Selon de nouvelles études, près de la moitié des milieux de Suisse sont menacés et certains plus particulièrement touchés: cours d’eau, rives, marécages, hauts-marais et prairies sèches. La détérioration générale des milieux accroît encore le nombre des espèces rares et menacées. Les populations de nombreuses espèces ont tant baissé que leur survie à long terme n’est pas assurée. Le degré de menace des espèces est évalué à l’aide d’une combinaison de critères définis avec précision et reconnus sur le plan international, les «Listes rouges», qui décrivent l’état du moment et l’évolution de la diversité des espèces. La flore suisse compte 2613 espèces indigènes. Selon la Liste rouge de 2016, 725 espèces et sous-espèces (28 %) sont menacées ou ont même disparu: 55 taxons éteints ou disparus, 111 au bord de la disparition (CR), 197 taxons en danger (EN), 362 vulnérables (VU) et 415 taxons potentiellement menacés (NT).

Protection des espèces et conservation ex-situ dans les jardins botaniques

La protection des milieux est le meilleur moyen d’empêcher l’extinction d’espèces végétales rares et menacées. Autre possibilité, la conservation ex-situ ou cultiver, multiplier et sauvegarder les plantes sauvages menacées hors de leur milieu naturel, mais provenant de stations connues et définies pour ensuite les réintroduire dans leur milieu naturel. Les jardins botaniques s’engagent depuis des dizaines d’années dans la protection des espèces et la conservation ex-situ, avec leurs connaissances scientifiques et savoir-faire horticole et travaillent en étroite collaboration avec les services cantonaux de protection de la nature, l’Office fédéral de l’environnement OFEV ou des services étatiques étrangers. Les jardins botaniques profitent aussi des conseils d'»Info Flora», Centre national de données et d’informations sur la flore suisse.

En 2016, HBH a lancé en Suisse le projet «Les dernières de leur espèce – conservation dans les jardins botaniques des plantes sauvages menacées». Ce projet, porté par 22 jardins botaniques, vise la culture de plantes sauvages menacées dans les jardins botaniques et leur réintroduction dans leur habitat naturel, l’échange de connaissances et d’expériences, et le renforcement des contacts avec les services cantonaux de protection de la nature. Stocker les semences dans des banques de semences ou de gènes dans des conditions optimales contribue aussi à sauvegarder la diversité génétique des plantes, comme celle que gèrent les Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève.

Le cadre politique

La protection et la conservation de la diversité biologique exigent des efforts internationaux et nationaux communs et un encadrement politique contraignant. Avec la «stratégie mondiale pour la conservation des plantes» (GSPC), un document international contraignant dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CBD), la Suisse s’est engagée, avec 192 autres signataires, à veiller à la conservation des plantes sauvages. Un des objectif: 75 % d’espèces menacées conservées ex-situ, dont 20 % disponibles pour des réintroductions. La Suisse doit ainsi conserver ex-situ 550 espèces de plantes menacées et réintroduire 110 espèces. Les 260 espèces stockées dans la banque de semences du jardin botanique de Genève montrent le succès partiel de cette mission. Les projets de réintroduction nécessitent en revanche plus d’effort. L’OFEV a élaboré avec sa «Stratégie Biodiversité Suisse» un plan d’action pour la conservation et la préservation de la biodiversité, qui vise aussi à soutenir les programmes de conservation des espèces des jardins botaniques.

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Author: Trent Wehner

Last Updated: 12/12/2022

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